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Ces lests Huns (chronique hachée à la diable, sauce piquante)

Ces lestes Huns

 

 

   

6 - Tchang  Dechute Ozu

Bruce n'avait aucune envie de s'élever ce soir-là avec des apprentis décolleurs de clapiers nains, tout juste bons à emboucher un coin à une louche d'aberration. Mais il était seul en selle dans la salle, hormis quelques mouches et un brahmane qui lui avait servi trois bols d'air crémeux et un fond d'air bien frais...
La scène ouverte du Pic n'était pourtant pas un vain mot. " Pic épique et Coleman ! ", s'exclama-t-il,  lorsque le sol s'ouvrit en deux par le milieu, dans une agonie de saxo aphone. Tous les instruments nécessaires ou superflus à un bon bœuf sans daube montaient sur la plate-forme au plancher de guingois, pour créer plus d'instabilité (détail qui frappa Bruce, car ce genre d'endroit recourait habituellement à un plancher plat, pour ne surtout pas déstabiliser les veaux, déjà trop occupés à trouver par quel bout tenir leur instrument). Sans doute une oeuvre de Tchang Dechute Ozu : la plus célèbre manufacture de planchers à bœuf, fondée par un immigré chinois, ayant dû quitter son Pékin natal avec précipitation, abandonnant sur place ses plans, ses outils, son chien dans le garde-ranger, sa femme dans les bras d'un officiel du régime basse cajolerie, et leur fils unique dans une usine de Nike... 

Ozu avait proposé à sa chef d'édite strict de composer un plancher des vaches réversible qui permettrait, à volonté, de se trouver tête en bas: "comme les Américains", avait-il ajouté sans penser à mal. Mais la chef dite stricte l'avait entendu d'une autre oreille, celle qui restait en permanence collée à la porte de la conscience de classe. Elle accusa Ozu, tout de go, de double jeu et elle promit d'en référer à Qui-ne-doit que: "ça va chauffer mon gaillard!  Vos vacances vous les passerez à enfoncer de clous à tête d'homme dans des planchers d'os!". Sur ce, elle s'en fut dénoncer son suppôt des ordres donnés?) au Qui-ne-doit, espérant ainsi obtenir une promotion comme ouvreuse au cercle mini-terre de son quartier. Dans son excitation, elle oublia d'attacher Tchang au radiateur réglementaire, installé dans chaque pièce, afin de menotter l'errant cale citron, ce qui permit à Tchang de prendre la tangente restée ouverte, face à la porte de service... Pour cet imper de menottes omises au pieds, la chef fut régressée au banc de dame dit-dit.

De cet enchaîné manqué, Tchang Ozu fit sa facture. Elle consistait à ajouter à toutes ses plates-formes un système qui permettait d'attacher confortablement un instrumentiste à une sphère qui tournait lentement, balançait, de sorte que le joueur pouvait se retrouver tête bêche au milieu d'un morceau, à l'horizontal au final, et expérimenter tous les travers et tous les pervers sons pour ses solos.
Le modèle le plus ingénieux fut livré à un pianiste de variétés qui, ironie d'essor, fut acclamé à Pékin même, jouant la moitié du temps à 90°, le piano au-dessus de lui, menaçant de tout son poids, frappa fortement le public... d'où son surnom d'Etonne Jaunes.


Le modèle du Pic était plus simple. Le plancher lui-même était creusé de "bosses à nova", des marches funambulèbres, (exiguës à n'y poser qu'un pied, ou larges à s'y coucher) étaient parsemés de stimuli : dalles disjointes, tapis croulants, chatouille-mollets, pièges à sons, fours à pains, trimards à cornards, poussaient les aventureux solistes à trouver les assemblages les plus vicieux (et les plus vissés, viciés?) . A bout d'inspiration, il n'était pas rare que l'un se laisse choir, prétextant un réglage trop déstabilisateur du plancher (mais personne n'était dupe) ; des vents de folie soufflaient, sans crier gaz, face aux becs ; Les photos des artistes les plus nus de l'univers se projetaient sur le ventre des jammers pour les obliger à ne laisser aucun doute sur les comparaisons possibles ... Il y avait encore : un fauteuil de massage subliminal, une trempette de l'amour, des montres à quand d'arrêt, un guête-à-plans, un bouquet viral et, bien sûr, un respectable à clous, qui enregistrait tout et, parfois, lançait un thème, transmis en instantané depuis un autre plancher conçu par Tchang  (installé  à ...qui sait ? ...Aillheures?)

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Mister Tambourin Man
Roger Rante
Jini
Bruce
Batteur d'heures
Tchang
Léo
   
    Plancher des levages(sans les vaches) mis au point par Tchang. Le dispositif complexe de cette scène fut réalisé pour la tournée à 90 degrés du fameux pianiste d'avarié thé, en Chine...  
Mister Tambourin Man
Roger Rante
Jini
Bruce
Batteur d'heures
Tchang
Léo
   
Plancher du Pic de l'ami Randole (version repliée) tel que Bruce le découvrit la première fois en compagnie de Léo.
       
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