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Ces lests Huns (chronique hachée à la diable, sauce piquante) |
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2 - Roger Rante Roger Rante, l’agent du trio des Tambourineman, était avachi dans un sofa rouge cramoisi, tel un roi du Sahel, quand le téléphone otomobile, téléguidé par Steve, vient se garer à distance respectable de son oreille, en faisant couiner sa sirène. Avant d’empoigner le véhicule, Roger siffla le fond de son verre pour se rincer la voix et s’éclaircir les idées. Il était tard et Roger s’était, une fois de plus, endormi devant la vision pas très cathodique d’un combat de kalopsychiques. « Après une rude journée de labeur, disait souvent Roger, un beau combat de Kalophysiques ça me défoule ! Ces mecs qui s’envoient tous ces mots à la figure, ça me soulage de ne pouvoir en faire autant !…Seul problème c’est que ces kalotcheurs sont parfois si bavards que je finis toujours par piquer du nez avant la fin des matchs… » Allô, dit Roger, oui c’est moi même ! … Ah! c’est toi mon petit Steve, mais non tu ne me dérange pas, justement j’étais en train de faire les comptes et …à ce propos, il me semble qu’il va falloir faire une rallonge au dessous de table pour la location de la cave….Ho ! pas grand chose quelques groupies suffiront… tu mes fais monter dès que tu as mis la main dessus… Oui ! Disons deux ou trois….Allez ! On fait comme ça ! Bye! Ma biche... Roger raccrocha et renvoya l’estafette mobile à son expéditeur en se frottant les mains. Roger avait toujours eu le sens de l’après pot et des affaires… C’est pas tant qu’il avait besoin de gagner du flouze, car du flouze il en avait trop, mais c’était pour le principe, et pour ne pas perdre la main.
L’immeuble des revenus était organisé par niveaux d’importances relatives. Les sous-sols étaient réservés aux activités culturelles et au parc d’otomobiles acoustiques, venaient ensuite les commerces sur plusieurs étages, puis les officines religieuses. Les micro-usines occupaient le tiers supérieur et représentaient un grande partie de ses rentrées de liquide. Venaient enfin sur les derniers étages, les réseaux de fluctuation monétaire qui assuraient la gestion de son capital. Selon les différents niveaux, Roger se faisait appeler sous un nom d’emprunt différent, ce qui avait pour effet d’augmenter sa fortune, sans que cela ne lui coûta grand chose. Il avait ainsi à sa disposition les noms de Roger Rante, Roger Rémi, Roger Latineu, Roger Pluainsou, Roger Vite, Roger Ger,… Après le coup de fil de Steve, Roger s’assoupit à nouveau en rêvant à la livraison des groupies fraîches qui ne tarderaient pas à monter par l’ascenseur… Le groupe de Steve avait une certaine réputation ce qui lui amenait, après chaque concert, une cargaison de menus popotins encore frétillants. Roger savait bien que sur le lot, plusieurs de ces groupies ne pourraient pas tenir dans le Bocal exigu que le trio louait au sous sol et que, pour ne pas les laisser sortir dans la rue après une heure tardive, il était plus convenable de les expédier au dernier étage… * |
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| Téléphone otomobile (modèle utilisé par Roger Rante) Cette pièce appartient à la collection du musée de Saint Perle) | ||||
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| Surplombant la ville de Ciudad, à gauche de la tour rouge, la tour de Roger Rante. | ||||
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