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Ces lests Huns (chronique hachée à la diable, sauce piquante) |
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| Ces lestes Huns |
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5 - Batteur d'heures Batteurs d'heure, pour dire la vérité, en était assez éloigné. Les spectateurs le reléguait souvent au second plan de leur attention, persuadés qu'il n'était là que pour conduire le tube le plus droit possible jusqu'à son terme, façon métronorme Battre les heures supposait nécessairement de savoir abattre les minutes, les secondes et les infimes décompositions qui en résultaient, jouer à la pendule, la conduire par le ballant. Sur cet axe et sur ce poids, les puristes s'accordaient sur le silence de l'instrument. Le véritable talent, disaient-il, résidait dans les fractions de temps pendant lesquelles les baguettes ne touchaient aucune surface (peau, cuivre, bois...1) : seul celui qui savait jouer de ces temps morts, tout en étant actif, en temps vivants, pouvait ensuite "métronomiser"2ses coups grâce à la concordance des états opposés. Autant que le bien ne peut se prévaloir de son état de bien que face à la guerre, à la famine, aux caniches écrasés, aux tortures et aux piqûres de moustiques ...et de toutes ces choses sans lesquelles, les rêves de possession, de pouvoir et de gloire perdraient toute saveur, un batteur d'heure ne bat que pour mieux les faire oublier : battre la mesure n'a de sens contraire que si l'on bat la démesure. Cela, Bruce en avait fait son affaire! Pourtant cela ne faisait pas celles des salles où il se produisait. Au début, tout allât comme sur des roulements de tambour. Bruce
fit attention de léviter les bêtises. Mais, peu à peu, comprenant qu'
on l'oubliait dans son coin, et que seuls ceux qui occupaient l'avant-scène
recevaient les battements de mains, il se mit à improviser. Si le reste
du groupe n'y trouvait rien à redire - un grain de temps c'est toujours
ça de pris! - les agents et les loueurs de salles, n'étaient pas du même
avis (sur la même longueur d'onde). Les Astres florissants, soudain, avançaient
les limites. Quand on annonçait le concert à 20h30, il débutait pile à
l'heure dite : Bruce battait avec application la peau du temps, mais d'un
contre coup, sans prévenir personne, il sautait d'un pont. Tous étaient
obligés de suivre, Quand arrivaient les rappels, il était déjà 20h15.
A la toute fin, 20h05, au mieux! Alors, il n'y avait plus qu'à attendre
de nouveau 20h30, en sirotant dans les loges. Et ça n'en finissait jamais!
Non, jamais ce n'était le début de la fin, si bien que Bruce devait souvent
se contenter d'égrener les heures. Mais le public réclamait qu'on le rembourse
à la fin du concert, celui-ci étant fini avant même d'avoir commencé.
Ce contre temps perpétuel de Bruce abattu, offert et à la mesure, n'était
plus florissant pour les organisateurs de spectacles vivants, et concerts
en boite. Les Astres avait fait leurs temps disaient les uns, les Astres
tournent au désastre, disaient les nus, nous perdons notre argent avec
eux, et l'argent c'est du temps! Bruce découvrit ainsi que le parc à disques promis n'existait pas vraiment. L'entreprise se contentait d'une boîte postale ouverte aux go-go-penseurs et d'une officine internationale de publicité, "Vaticom". Deux mois durant, Bruce ne parvint pas à s'élever plus haut que ça. Il repensa au local, à sa bonne Jini..(avec une affliction ingénue au sol)... Accoudé au rebord d'un hublot, son souffle embuant la vitre, il n'osait plus regarder les nuages : c'était la crise de la maturité précoce qui lui retombait sur le pâle trotte, et au galop... la bonne conscience ne lui traçait que des migrations ennuyeuses et bornées d'acceptation, de routine, de répétitions comme leur nom l'indique, sans plus de chaleur que la nudité d'une aube polaire contemplée, nu également, depuis le pont d'un brise-glace finlandais...Il repensa, aussi, et même surtout, à ces corbeaux siciliens tout plumés de noirs desseins (pour mieux couvrir leurs grises-veuleries).Leurs ailes de convoitises ne laissaient planer aucun doute sur leur territoire, qui se défendaient de leurs airs becquets - onglets d' oiseaux de bon augure, qui pillaient, dérobaient, dépeçaient, plumaient en sommes rondelettes et qui, tout à leur bombances de butin, violaient même, à la tire d'aile, de jeunes espèces angéliques... (là, je tiens à "violer des espèces aériennes"). Mais le corsaire de ses jeunes années ne l'intéressait plus que par la propension qu'elle désignait chez lui à s'élever au-dessus des messes bêlantes.... Il allait monter son propre groupe, dont il serait l'ancre, les voiles et le gouvernail .... * |
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| 1. (Peau, cuivre, bois...) : Beau cul ivre boit, car comme beau cou y veut boire à la source du son, sensée... La course su son (ou l'un verse) c'est l'ivresse. | ||||
| 2 . "Métronomiser" : terme polyphonique désuet, qui signifie tout à la fois: mettre aux normes, et miser en mémorisant l'écart de pulsation entre les morts et les vifs, sachant qu'un vif vaut deux ou trois morts selon le cas. Ne pas confondre avec "métromomifier". | ||||
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| Affiche de la tournée des boites de conserve Bruce Lait. | ||||
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| Sa décision fut suivie d'effets sans manches. Il chercha dès l'aube
ses compagnons drame, improvisant des élévations avec des bands de cloches,
. Il auditionna à se sentir bouchonné des conduits ,des mères scènes d'airs,
plus attirées par le corps du délit que par les nourris-sons. Il fouilla
tous les bouges de tous les ports, rampa dans les cales -sons, s'embringua
avec des gare sons bouchés et craintifs, qui se carapataient en oubliant
sur place leurs instruments dès que Bruce leur demandait de présenter la
note. Bruce endura cette litanie cacaphonique jusqu'à tomber dans
les pom-pom-pom-pom. Enfin, hourdie aux basses, par des mois de déveines recherches, il poussa les portes accortes d'un tout nouveau club, monta deux étages de marches sans lumière, et manqua de renverser le patron qui faisait aussi office de beau-gras. F. Randole, c' était son nom, avait baptisé son club " le Pic de l'ami Randole " en souvenir de copain Viande Boris. Bruce bredouilla des excuses mais, comme celles-ci n'était pas très claires dans la pénombre, Fa n'en perçut rien, si ce n'est que Bruce avait très légèrement décollé à son insu (issue?), sous le coup de la surprise. Fa s'écarta de (sous?) son passage en ânonnant le programme : une chasse-session qui s'annonçait assez chiadée, avec le renfort de voleurs marrons, puis un melting (meeting?)-potes d'anciennes gloires micro locals, puis une vendetta américaine qui courait après le succès entre Pittsburgh et Chicago (mais fut mitraillée peu après par l'anonymat) et, pour clore les ébats, un n'importe quoi ouvert à tous ceux qui se sentaient de monter sur scène. Bruce connaissait par cœur ces promesses, qui viraient à l'ennui insondable dès que le spectacle débutait. Il avait même vu, un jour, un gratteux de mauvais poil planter là son immonde et proclamer son étonnement " à que même un public aussi ignare que celui devant lequel il cachetonnait ne l'aie pas déjà massacré sur place."... Il avait déjà fait demi-tour quand Fa le retint par le bras, le fit pivoter encore sur 180°, lui glissa au fond de l'oreille droite " Et n'oubliez pas notre devise : qui vole un oeuf tape le bœuf ", lui enfonça son majeur dans l'oreille afin que la phrase pénètre bien, puis lui glissa subrepticement un oeuf au plat dans la poche de son pantalon. Bruce n'avait plus le choix, il claqua des mâchoires pour couper court à la conversation, trancher le doigt et recouvrer sa liberté de mouvement. * |
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