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L'insouciance (fragment 17) (Malaise en biais)
Sur place, on a appris quà la morte saison, les navettes ne faisaient pas la traversée tous les jours : pas assez de passagers !. Les Embiez ce serait pour une autre fois ! Anna nous a lu à haute voix, en imitant le ton dun guide, un extrait du dépliant touristique trouvé sur un présentoir :
Puis de conclure :
Nous ne voulions pas perdre notre journée à traîner sur le port. Hors saison, un dimanche, la ville, était presque fantôme Les Embiez, cétait surtout pour la consonance du nom, je crois. Ca faisait marrer Gilles qui prenait un malin plaisir à prononcer le Z final, en traînant laccent : « aux Embiez les gens biaisent beaucoup ! ». Nous avons hésité un moment à reprendre la route. Finalement on nous a indiqué un bateau pour Port-Cros qui partait de la presque île de Giens. La mer était agitée. Ca moutonnait pas mal!. Nous étions seuls à bord, à part une vielle dame avec son cabas remplis de légumes. Olivia, Adèle, Anna et Gilles étaient rentrés dans la cabine pour sabriter du vent. Comme je nai jamais eu le pied marin, je me suis installé dehors, sur la banquette du pont arrière. Malgré le crachin que produisait la coque chaque fois quelle tapait les vagues, javais limpression de pouvoir supporter la traversée. Je fixais le bouillon de leau et le sillon que nous laissions derrière nous. Je cru, un moment, que les vibrations du moteur rythmé dun ronflement nasillard, accompagné par le drapeau qui claquait au vent, allaient finir par machever. Jaurais voulu me dissoudre dans les flots. Etre liquide, être lécume |
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