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L'insouciance (fragment 16) (Valerie émois) La piscine avait la forme dun haricot blanc. Oubliée au fond du jardin, sous les filaos, je lai toujours connue vide. Jaimais venir là. Cétait comme une pièce à ciel ouvert. On y descendait par une échelle. Elle était, comme toutes les piscines, peinte en bleu, mais, avec le temps la couleur était passée et de grandes auréoles brunes et rouges dessinaient des paysages fantastiques. Un bleu délavé donc, ce qui est drôle pour une piscine à sec. Jen avais fait ma résidence de jeux, tantôt château fort imprenable, tantôt sous-marin tout était possible ! Assez profonde à lendroit de lévacuation, elle était (mais je nai jamais vérifié) à labris des regards. Je pouvais ainsi, selon moi, y jouer sans que mes pitreries et mes cabrioles nattirent lattention de mes parents.
Plus tard quand jai su grimper aux arbres, cest sur le toit de la maison que jinstallais mon aire de jeux. Le toit de notre maison était plat, je veux dire sans faîtage. Cétait une terrasse avec un rebord haut comme ne marche, une sorte de bassin, si lon veut qui était divisé en plusieurs compartiments. Dans un coin il y avait une citerne deau montée sur un châssis en acier. Cest là, dans une armoire de fer dont javais forcé la serrure, que jentreposais mes trésors ou mes butins.
Un jour quon était attaqué par une horde dindiens je fus assommé par un coup de tomawak. Quand je revins à moi elle avait été enlevée par la bande de comanches. Comme nous nétions que deux à incarner tous les rôles à la fois, je me fis indien. Javais ligoté solidement les poignets de ma prisonnière (comme il se doit) et je la tirais derrière mon cheval. De temps en temps, la visage pâle trébuchait et implorait que je la libère. Je profitais de ces laps pour endosser mon chapeau, reprendre mon révolver de cow-boy et me lancer à la poursuite des ravisseurs. Il fallait une sacrée organisation. Quand lindien fut enfin arrivé au campement (la piscine!) il décida que la femme blanche serait attachée à un poteau. Valérie qui intervenait rarement dans les scénari me fit alors remarquer que les indiens attachaient leurs prisonniers nus. Je navais jamais pensé à ça et jacquiesçais. Valérie retira sa robe puis fit glisser sa culotte. « Ça fera plus vrai comme ça ! » dit elle en se tournant vers moi avec un air espiègle que je ne lui avais jamais vu. |
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