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A propos de Gérard Gasiorowski 

    
   

Culture(s) & catastrophe

Pierre -Onche

Rushs
 
   

"...Je me souviens encore de l’impression étrange éprouvée en soulevant, pour la première fois, la couverture d’un catalogue qui présentait, sous un format dit à l’italienne, un univers éclectique et dense, composé de multiples facettes. Au fur et à mesure que tournaient les pages, je voyais défiler des images magistrales en noir et blanc, des jouets englués, des floraisons séduisantes, d’inquiétants alignements de chapeaux, des paysages de sables et de peinture… Il s’agissait de Peinture, monographie éditée à l’occasion de la rétrospective à l'ARC en 83. C’est donc au hasard d’une consultation que j’ai rencontré, par l’intermédiaire de reproductions, le travail de Gérard Gasiorowski.  Cette oeuvre ne semblait pas contenir - du moins l'ai-je longtemps cru - de thématique unique, de sujet de prédilection (si non à l'intérieur d'une même série) : le style et la manière semblaient sans cesse renouvelés ou contrariés. Pourtant, je le vois bien aujourd’hui, derrière cette apparente juxtaposition de moments hétérogènes, de formes (ou d'images) apparemment diverses, l’œuvre de Gérard Gasirowski, est en réalité constituée de modules analogues, imbriqués, façonnés comme l'appareillage d'un mur ou organisés ainsi que la structure cellulaire d'un tissu, les lamelles d'une carapace...

La tentation première qui serait d'extraire de cette oeuvre, telle ou telle pièce, sous prétexte qu'elle constitue une image forte, présente un aspect séduisant, ne pourrait donc que retarder, voire brouiller la vision d'ensemble et nuire à sa bonne compréhension. Ici, chacune des séries, ou périodes, sont comme les pièces d'un puzzle, organisées en un tout homogène, mais découpées et distribuées de telle sorte que les parties visibles qui en composent la surface ne paraissent pas appartenir à un même jeu, d'où la difficulté que nous pouvons éprouver à trouver le lien qui pourtant uni ensemble toutes ces parties. Aussi, rares sont ceux qui du vivant de l’artiste ont pu approcher cette oeuvre et ont su dépasser ce que dissimulait cette apparente diversité pouvant ainsi en apprécier jalousement la pleine mesure."

(Extrait de Culture(s) et Catastrophe)