> Samuel Cros
         

Présentation 

C’est dans la langue rocailleuse de Samuel Cros que, pour la première fois, j ’ai entendu les mots de taille douce, de colophane, de boîte à grain...  Nous étions dans sa cave, penchés au-dessus d ’un bac d ’acide, regardant de petites bulles qui venaient crever la surface. Après  avoir jugé la morsure suffisante et retiré la plaque de cuivre de son bain, mon ami me la tendit au bout d ’une pince à cornichon et me dit avec un large sourire : «  Tiens, ta première gravure en profondeur… je veux dire avec profondeur. Ca s ’arrose ! »... et comme nous étions dans la cave il a débouché un Sauvignon... 

Fragments du visible [extrait]

"On pourrait partir de ce que l'on voit en dressant l'inventaire des objets ou des corps ici représentés, trier et classer d'un côté les fruits et légumes, de l'autre les verres, les chapeaux, ajouter les olives, soustraire les gâteaux, hésiter entre les figues et les figures et regarder passer les anges... On pourrait aussi se dire que chacune de ces peintures est le résultat des combinaisons possibles d'un catalogue, des morceaux choisis dans l'environnement familier du peintre. Choses, corps ou images, y semblent distribués au hasard, comme les cartes d'un jeu, tantôt associés par deux, par trois et plus. Posées les unes à côté des autres, elles constituent un cas de figure chaque fois renouvelé : une figue et un verre à pied, deux figues et un verre sans pied, une figure en pied surmontée d'un verre de porto lui-même survolé par un angelot, un corps allongé entre deux gâteaux (des religieuses ?) de proportions démesurées, deux légumes et un agrume alignés en brelan ou un full jouant aux quatre coins… On pourrait encore se demander où se trouvent ces éléments, dans quel espace ils sont posés, dans quel contexte et quelles règles du jeu ont servi pour produire ces rapprochements et ses assemblages… [... ]." >> (lire la suite)

Reportage

Détail de l'exposition à Chaumont 2001 I